Coaching et mentorat : bien comprendre les différences

Auteur de l’article :
Pascal Gariépy
Publié le
November 21, 2025
Lecture :
10
mins
[background image] image of an innovation lab (for an ai developer tools business)

Le coaching est un partenariat qui permet d’obtenir rapidement des résultats personnels ou professionnels. Il opère des changements et des transformations qui vont amener un individu à sublimer ses talents.

Quel est l’objectif du coaching ?

L’objectif du coaching est de maximiser le potentiel de l’élève, le coaché. On veut inciter le changement, créer de nouvelles pistes de solutions, mais surtout, mettre en lumière le savoir-faire de la personne.

Un coach est un expert en processus de créativité. C’est aussi un générateur d’idées. Cela dit, cet expert en développement personnel n’est pas un conseiller. Il ne donne d’ailleurs aucun conseil. Ce n’est pas un psychologue ni un mentor.

S’il ne donne pas de conseils, qu’apporte-t-il à la personne ?

D’abord, le coach pose des questions, beaucoup de questions. En agissant ainsi, sa mission est d’établir une proximité avec son client. Les réponses à ces questions lui permettront ensuite de participer, au second plan, au processus de changement.

Qu’est-ce qu’un coach ?

Contrairement au mentor, qui lui, agit tel un vieux sage ou un guide inaccessible, le coach propose plutôt un transfert de connaissances. Il suggère, mais n’impose pas. C’est un stratège qui exerce une méthode et non une science. Un coach brille avec son élève : il ne l’éblouit pas.

Le coach propose de nouvelles possibilités pour orienter les décisions et les réflexions. Son savoir-faire prend tout son sens en compagnie d’une personne moins expérimentée que lui. Celui ou celle qui fait appel à ses services est en quête, non pas d’un maître ni d’un modèle, mais d’un défricheur d’idées et de concepts pour les mettre en ordre et les étudier à fond.

Un coach, c’est comme un grand frère qui va amener son élève à découvrir comment faire. C’est un partenaire qui épaule et qui s’efface quand il le faut. Habile avec les mots, le coach déblaye et dégrossit, magnifie, puis dirige son attention vers son interlocuteur sans pour cela lui imposer son grain de sel. Une écoute active enclenche le processus d’accompagnement. Un lien de confiance se crée, des questions sont posées, mais c’est avant tout le coaché qui accomplit le travail.

Différents types de coaching

Le coaching relatif à la direction d’une entreprise permet d’aider de hauts gestionnaires et décideurs. Ces personnes sont souvent seules en haut de la pyramide organisationnelle de leur entreprise et ont parfois besoin d’un accompagnement et de conseils.

  • Le coaching de gestion va s’intéresser davantage aux personnes qui occupent des postes de niveaux intermédiaires ;
  • Le coaching de carrière, lui, s’adresse à des gens qui veulent changer de profession et réorienter leur carrière ;
  • Le coaching d’équipe, comme son nom l’indique, permet de rendre une équipe plus efficace, d’exacerber sa compétitivité ;
  • Le coaching de groupe donne aux individus la possibilité de faire ressortir leur talent pour ensuite le mettre au service de l’intelligence collective ;
  • Le coaching d’affaires s’adresse principalement aux entrepreneurs. Il permet de rediriger le spécialiste et de réorganiser un système grâce à un angle de vue différent ;
  • Le coaching personnel ou coach de vie fait office de miroir. La personne se concentre sur elle-même et va (ré) apprendre à progresser et (re) découvrir le goût du challenge en accomplissant un travail d’introspection.

Différents termes, même définition

Malgré les appellations différentes, le coaching reste le même processus global. Un coach accompagne, fait des suivis, aide à la découverte de soi et de ce que l’on souhaite mettre en avant dans sa vie.

Quels sont les avantages du coaching ?

L’avantage du coaching est l’augmentation de la productivité d’une personne. Un coach valorise la confiance en soi. Au terme des séances, l’élève se sera donc restructuré positivement et aura repris confiance en lui. Nombreuses sont les études dont les conclusions convergent. Le coaching favorise le retour sur investissement.

C’est la même chose qu’un coach au gym ! Il n’est pas là pour faire de l’exercice avec vous, mais il vous encourage à aller plus loin en repoussant vos limites. Il établit différents exercices avec vous pour que vous arriviez à vos fins et atteigniez vos objectifs. Comme un nutritionniste vous pousse à mieux manger. C’est toujours le coaché qui mène ses propres actions et qui développe ses stratégies personnelles en fonction d’objectifs précis, et ce à chaque séance.

Par exemple, une personne pourrait vouloir améliorer la gestion de son temps. Le coach aura donc la mission, avec son élève, d’élaborer un plan d’action qui sera mis en place par ce dernier. N’oublions pas ! Même si le processus se fait sous l’œil attentif du coach, c’est toujours le coaché qui tient la barre.

Un jeu de miroir

Le coach propose des solutions. Il est celui qui va réconcilier la personne avec elle-même, la diriger, l’orienter en douceur, l’amener à trouver des options différentes en fonction des objectifs à atteindre. Le coach ne fait simplement que montrer du doigt le chemin.

Avant une rencontre, le coaché formule son souhait. Il exprime ses motivations à faire appel au coaching ainsi que ses aspirations et ce sur quoi il veut travailler. Il définit aussi des objectifs qu’il aimerait atteindre. Le coach accomplit ensuite ce qui peut s’apparenter à un retournement. Il écoute et retourne à l’envoyeur (le coaché) ce qui vient d’être énoncé sous une forme plus mature, plus concrète, plus tangible.

Un jeu de miroir s’accomplit où le coaché entreprend un voyage vers lui-même — là où se lovent toutes les réponses — en s’affranchissant de tout ce qui le relie au passé, afin d’entrevoir une nouvelle perspective et réussir à créer de la nouveauté.

Qui paye pour du coaching en entreprise ?

Les entreprises modernes sont de plus en plus nombreuses à vouloir offrir du coaching à leurs employés. Par contre, l’organisation ne joue aucun rôle dans la relation tripartie patron-gestionnaire-coach. Elle est seulement l’instigatrice de la démarche.

Il n’est pas rare qu’une entreprise qui emploie de jeunes gestionnaires fasse appel au coaching. L’objectif est de les encourager à faire plus de bénéfices, mais ce n’est pas tout. Outre l’amélioration des performances, un coach favorisera leur intégration au sein de l’entreprise et leur permettra de prendre confiance en eux plus rapidement. L’intervention d’un coach peut simplement être momentanée, jusqu’à ce que le nouvel employé ait pris sa vitesse de croisière.

Coaching 101 : vrai ou faux coach ?

Il existe des certifications délivrées par des associations de professionnels du coaching, notamment l’International Coach Federation (ICF) qui recense trois niveaux de certification :

1) Coach Associé Accrédité (ACC) : 60 heures de formation + 250 heures de coaching de clients

2) Coach Professionnel Accrédité (PCC) : 125 heures de formation + 750 heures de coaching de clients

3) Master Coach Accrédité (MCC) : 200 heures de formation + 2500 heures de coaching de clients

Deux cent cinquante heures de pratique sont nécessaires pour atteindre le premier niveau. Ensuite, il y a un examen qui comprend de nombreuses heures de formation. Le coaching est une pratique en vogue, d’où la nécessité de légiférer, afin que le charlatanisme disparaisse de cette profession.

Les gens qui se forment au coaching sont souvent des personnes de 45 ans et plus. La majorité travaille déjà dans des domaines connexes comme dans les ressources humaines. Ce sont parfois des psychologues ou d’autres professionnels qui ont une expérience directe avec le domaine de l’humain.

Qu’est-ce que le mentorat ?

Le mentor est un conseiller, un guide, un sage ou quelqu’un que l’on considère comme tel. Son rôle est principalement d’accomplir une transmission de son savoir par une expérience professionnelle ou personnelle précise.

Le mentorat s’applique à différentes sphères d’activités. Cela peut être dans le milieu communautaire ou l’entrepreneuriat, voire dans certaines associations professionnelles sectorielles où l’on trouve, par exemple, des mentors de jeunes gestionnaires de projet.

Cela dit, il y a aussi dans les entreprises des professionnels de haut niveau qui, eux aussi, vont s’occuper de gérer la relève. Le terme de mentor ne leur sera pas nécessairement attribué.

Il y a deux types de mentorat :

  • Le mentorat informel : spontané, naturel, le conseil donné ;
  • Le mentorat formel : désigne essentiellement une organisation, un programme ou des coordonnateurs s’occupant de gérer la relève.

Coaching ou mentorat

Tout comme dans le coaching, le mentorat met en avant l’écoute active. Cette façon de faire permet au mentor de conseiller et de diriger la personne vers une prise de décision suggérée. Contrairement au coach, qui lui, se concentre sur le futur (ce qu’on veut accomplir, les objectifs à atteindre, etc.), le mentor s’inspire plutôt du passé. C’est la base à partir de laquelle il s’élance.

Prenons l’exemple d’une personne qui a un conflit avec une autre. Le coach ne va pas chercher à connaître tous les détails de cette relation ni son contexte. Il va se concentrer sur la solution pour régler le conflit. Pour un coach, la démarche n’est pas importante, seul le résultat compte. Le mentor, lui, va préférer comprendre le problème, l’analyser et le déchiffrer pour pouvoir le régler. Un mentor entre généralement en scène pour une période de transition. Il va s’occuper du contenu, pas de la forme. Le mentor donne des conseils et recommande des solutions sans se soucier que celui ou celle qu’il encadre passe à l’action.

Exemple concret

Imaginons un cas de figure où un agent d’affaires qui souhaite booster sa carrière fait appel à un coach et à un mentor, alors même qu’il est suivi par un psychologue.

Que se passerait-il ?

Le coach et le mentor vont s’occuper des objectifs de carrière de la personne et le thérapeute va tenter de remédier à sa frustration, ce dont s’abstiendront certainement le mentor et le coach. Si cette personne est en détresse, elle doit bénéficier des soins d’un thérapeute avant de faire appel à l’un ou à l’autre. Le coach et le mentor ne sont pas des thérapeutes, même s’ils vont souvent devoir user de psychologie.

Une recrudescence du coaching et du mentorat

Les organisations se rendent compte qu’il y a de gros manques au sein même de leurs entreprises. Les employés d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier. Le monde évolue et les besoins de la personne sont souvent différents de ceux qu’elle a connus jadis. La réussite professionnelle n’est plus la seule motivation. L’employé a envie d’être bien, de se sentir impliqué et utile dans ce qu’il fait.

C’est souvent lorsqu’il faut remonter le moral des troupes que le coach entre en jeu. Le positivisme et l’écoute active sont les deux mamelles de sa profession. Doué d’une formation sérieuse — et même si le chemin est une passe difficile — le coach saura amener la personne vers la destination qu’elle a choisie pour elle-même. Le kit de base étant toujours le même : expérience et pratique.

Amener la personne à trouver la solution par elle-même

Le coaching répond donc à une demande croissante. La perte de repères y est sans doute pour quelque chose. Avoir un regard extérieur permet d’entrevoir plus facilement la solution.

Le coach montre la direction, le coaché fait le reste. La question vient de la tête et la réponse vient du cœur. Une fois que les deux sont alignés, il est alors possible d’aller vers les indicateurs.

Cela est valable aussi pour le domaine privé.

Au hasard : pour avoir le privilège d’être un mentor avec un ado, il va falloir faire beaucoup de coaching. Lorsque la relation qui s’est développée par le coaching aboutit, l’adolescent va éventuellement vous laisser le droit d’être un mentor.

Dans le domaine des affaires, lorsque la solution vient du client, c’est la plupart du temps bien différent que lorsqu’elle vient du consultant. Surtout au niveau de l’engagement et de la mobilisation.

Le coach est capable de rendre les gens conscients de ce dont ils ont réellement besoin. Après avoir accompagné le client et lui avoir permis de se poser les bonnes questions, il est plus facile pour le coaché de rompre et de trancher avec le passé pour se libérer et explorer d’autres horizons. C’est, d’ailleurs, la façon de faire qui lui permettra de trouver la solution à son problème.

Êtes-vous familier avec l'univers du coaching et du mentorat?

Faisons un peu d’introspection sur votre façon d’être au travail. Pour vous aider, je vous invite à lire l’article de mon collègue Pascal Gariépy. Il s’est intéressé aux différents types de personnes au travail. Quel type êtes-vous ?