Gestion du changement

Coaching et mentorat : bien comprendre les différences

Le coaching fait émerger les solutions chez la personne accompagnée par le questionnement, en regardant vers le futur ; le mentorat transmet l’expérience d’une personne plus aguerrie, en s’appuyant sur le passé.
Visuel PlanAxion pour un article sur le coaching et le mentorat
L'essentiel
  • Selon l’étude mondiale 2023 de l’International Coaching Federation (ICF), le monde comptait 109 200 coachs praticiens en 2022, en hausse de 54 % depuis 2019, pour des revenus estimés à 4,56 milliards de dollars US.
  • Le coaching se concentre sur le futur et fait émerger les réponses du coaché par le questionnement ; le mentorat s’appuie sur le passé et l’expérience du mentor pour conseiller.
  • L’ICF exige au minimum 60 heures de formation et 100 heures de pratique pour la certification ACC, et 200 heures de formation et 2 500 heures de pratique pour le niveau MCC (2026).
  • Au Québec, l’étude UQTR et Réseau Mentorat (2025) suivant des entrepreneurs mentorés pendant deux ans montre que 97,2 % d’entre eux recommanderaient le mentorat.

Une directrice des finances de Québec vient d’être promue vice-présidente. Son PDG lui offre « un coach ». Son ancienne patronne, maintenant à la retraite, lui propose de la « mentorer ». Elle accepte les deux, puis constate après trois rencontres que ces deux personnes ne font pas du tout le même travail. Et c’est très bien ainsi.

Les chiffres de marché cités proviennent de l’étude mondiale 2023 de l’ICF, réalisée avec PwC à partir de sondages, et d’une étude québécoise de l’UQTR ; ce sont des estimations, pas des recensements.

Selon l’International Coaching Federation, le monde comptait 109 200 coachs praticiens en 2022, une hausse de 54 % par rapport à 2019, pour des revenus annuels estimés à 4,56 milliards de dollars US.

Quelle est la différence entre coaching et mentorat ?

Le coaching fait émerger les solutions chez la personne accompagnée par le questionnement, en regardant vers le futur ; le mentorat transmet l’expérience d’une personne plus aguerrie, en s’appuyant sur le passé. Le coach suggère, mais n’impose pas. Le mentor conseille et recommande, sans se soucier que la personne passe à l’action ou non.

Les deux pratiques partagent l’écoute active. La différence tient à la posture. Le coach s’efface : c’est le coaché qui accomplit le travail. Le mentor s’avance : il raconte ce qu’il a vécu et ce qu’il ferait à votre place.

Prenez un conflit entre deux collègues. Le coach ne cherchera pas à connaître tous les détails de la relation ; il se concentre sur la solution et sur le résultat. Le mentor voudra comprendre le problème, l’analyser et le déchiffrer avant de proposer une issue. Deux chemins, deux rythmes.

Quel est l’objectif du coaching ?

L’objectif du coaching est de maximiser le potentiel du coaché en provoquant un changement, en ouvrant de nouvelles pistes et en mettant en lumière un savoir-faire qu’il possède déjà. Le coach est un expert du processus de créativité et un générateur d’idées. Il n’est ni conseiller, ni psychologue, ni mentor.

S’il ne donne pas de conseils, qu’apporte-t-il ? D’abord des questions, beaucoup de questions. Elles créent une proximité avec le client et permettent au coach de participer, au second plan, au processus de changement. Un coach brille avec son élève : il ne l’éblouit pas.

C’est la même logique qu’un entraîneur au gym. Il ne fait pas les exercices à votre place, mais il vous pousse à repousser vos limites et bâtit le programme avec vous. Une personne qui veut mieux gérer son temps élaborera un plan d’action avec son coach, puis le mettra elle-même en œuvre. Le coaché tient toujours la barre.

Quels sont les différents types de coaching ?

On distingue sept formes de coaching selon la clientèle : direction, gestion, carrière, équipe, groupe, affaires et coaching personnel, mais le processus de fond reste le même. Le coaching de direction s’adresse aux hauts dirigeants, souvent seuls au sommet de la pyramide. Le coaching de gestion vise les postes intermédiaires.

Le coaching de carrière accompagne ceux qui veulent se réorienter. Le coaching d’équipe rend un groupe de travail plus efficace, alors que le coaching de groupe fait ressortir le talent individuel au service de l’intelligence collective. Le coaching d’affaires s’adresse aux entrepreneurs, et le coaching personnel, ou coaching de vie, fait office de miroir par l’introspection.

Malgré les appellations, un coach accompagne, fait des suivis et aide à découvrir ce qu’on souhaite mettre de l’avant. L’étude 2023 de l’ICF confirme d’ailleurs que le leadership est le premier champ de pratique déclaré par les coachs (34 %), devant le coaching de dirigeants (17 %).

Comment distinguer un vrai coach d’un faux coach ?

Un coach sérieux détient une certification reconnue, le plus souvent de l’International Coaching Federation, qui exige des heures de formation, des heures de pratique supervisée et un examen. Le coaching est en vogue, et cette popularité attire aussi le charlatanisme. La certification est le premier filtre.

Les exigences de l’ICF pour ses trois niveaux, en 2026 :

  • ACC (Associate Certified Coach) : 60 heures et plus de formation spécifique au coaching, 100 heures et plus d’expérience de coaching, 10 heures de mentorat de coach.
  • PCC (Professional Certified Coach) : 125 heures et plus de formation, 500 heures et plus d’expérience, 10 heures de mentorat de coach.
  • MCC (Master Certified Coach) : 200 heures et plus de formation, 2 500 heures et plus d’expérience, 10 heures de mentorat de coach, et le PCC comme préalable.
  • 85 % des coachs praticiens détenaient une certification d’un organisme de coaching en 2022, contre 69 % en 2015 (ICF, 2023).
  • 80 % des coachs affirment que leurs clients s’attendent à ce qu’ils soient certifiés (ICF, 2023).
  • 244 $ US : honoraires moyens pour une séance d’une heure en 2022, en hausse de 9 % depuis 2019 (ICF, 2023).

Les gens qui se forment au coaching ont souvent 45 ans et plus et travaillent déjà dans un domaine connexe, comme les ressources humaines ou la psychologie. Demandez le niveau de certification et le nombre d’heures de pratique avant de signer.

Qu’est-ce que le mentorat ?

Le mentor est un conseiller, un guide, un sage dont le rôle principal est de transmettre son savoir à partir d’une expérience professionnelle ou personnelle précise. Le mentorat existe dans le milieu communautaire, en entrepreneuriat et dans des associations professionnelles où des gestionnaires de projet chevronnés accompagnent la relève.

On distingue deux formes. Le mentorat informel est spontané et naturel : un conseil donné au bon moment. Le mentorat formel désigne un programme structuré, avec des coordonnateurs et des jumelages, souvent pour gérer la relève. Dans les entreprises, des professionnels de haut niveau jouent ce rôle sans jamais porter le titre.

Les effets se mesurent. L’étude de l’UQTR pour le Réseau Mentorat (2025) a suivi pendant deux ans une cohorte issue de 689 entrepreneurs novices jumelés à un mentor bénévole. Résultat : amélioration significative de la gestion financière et de la conciliation travail-vie personnelle, et 97,2 % des mentorés recommanderaient le mentorat à un autre entrepreneur.

Le coach montre la direction, le coaché fait le reste : la question vient de la tête et la réponse vient du cœur.

Quand choisir le coaching et quand choisir le mentorat ?

Choisissez le coaching pour atteindre un objectif précis dans un délai court et le mentorat pour traverser une transition en profitant de l’expérience de quelqu’un qui l’a déjà vécue. Une jeune gestionnaire fraîchement promue tire souvent profit des deux, mais pas au même moment.

Ni l’un ni l’autre n’est thérapeute. Imaginez un agent d’affaires en pleine frustration qui consulte un coach, un mentor et un psychologue. Le coach et le mentor s’occuperont de ses objectifs de carrière ; le thérapeute, de sa détresse. Une personne en détresse doit d’abord obtenir des soins avant de faire appel à l’un ou à l’autre.

En entreprise, l’organisation paie souvent le coaching sans jouer de rôle dans la relation coach-coaché : elle en est l’instigatrice, pas la participante. Les entreprises qui embauchent de jeunes gestionnaires y recourent pour accélérer leur intégration et leur confiance, le temps qu’ils atteignent leur vitesse de croisière. C’est un levier de gestion du changement souvent sous-utilisé dans les projets de transformation.

Pourquoi le coaching et le mentorat gagnent-ils du terrain ?

Le coaching et le mentorat progressent parce que la réussite professionnelle n’est plus la seule motivation des employés : ils veulent se sentir bien, impliqués et utiles, et les organisations constatent des manques qu’aucun plan de formation ne comble seul. Selon l’ICF (2023), plus d’un coach sur deux sert principalement des gestionnaires (31 %) ou des dirigeants (25 %).

Dans le domaine des affaires, une solution qui vient du client mobilise beaucoup plus qu’une solution qui vient du consultant. Le coach rend les gens conscients de ce dont ils ont réellement besoin. Une fois les bonnes questions posées, il devient plus facile de trancher avec le passé et d’explorer d’autres horizons.

Cette logique vaut aussi dans la vie privée. Pour avoir le privilège d’être le mentor d’un adolescent, il faut d’abord faire beaucoup de coaching. Quand la relation bâtie par le coaching aboutit, l’ado vous laisse éventuellement le droit d’être un mentor. Les équipes de projet fonctionnent souvent de la même façon, comme le montre notre article sur la formation de l’équipe de projet.

Coaching ou mentorat : lequel vous ferait avancer ?

Si vous savez ce que vous voulez atteindre mais pas comment, cherchez un coach certifié ; si vous entrez dans un rôle que quelqu’un d’autre a déjà occupé avec succès, cherchez un mentor. Et commencez par un peu d’introspection sur votre façon d’être au travail : notre grille des quatre types de personnalité au travail est un bon point de départ.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un coach et un mentor ?

Le coach pose des questions pour faire émerger les solutions du coaché et se concentre sur les objectifs à venir ; il ne donne pas de conseils. Le mentor partage son expérience, conseille et recommande des solutions à partir de ce qu’il a vécu. Le coaché fait le travail ; le mentoré écoute et décide.

Comment savoir si un coach est certifié ?

Demandez son niveau de certification et l’organisme qui l’a délivré. L’International Coaching Federation reconnaît trois niveaux : ACC (au moins 60 heures de formation et 100 heures de pratique), PCC (125 heures et 500 heures) et MCC (200 heures et 2 500 heures). Selon l’ICF (2023), 85 % des coachs praticiens détiennent une certification d’un organisme de coaching.

Le coaching en entreprise est-il payé par l’employeur ?

Souvent, oui. L’organisation est l’instigatrice de la démarche, mais elle ne participe pas à la relation entre le coach et le coaché, qui reste confidentielle. Les entreprises y recourent surtout pour accélérer l’intégration de jeunes gestionnaires et renforcer leur confiance. Selon l’ICF (2023), 57 % des clients de coaching sont commandités par un tiers, généralement l’employeur.

Le mentorat donne-t-il des résultats mesurables ?

Oui, au moins en entrepreneuriat. L’étude de l’UQTR menée pour le Réseau Mentorat (2025) a suivi pendant deux ans des entrepreneurs novices jumelés à un mentor bénévole. Les chercheurs observent une amélioration significative de la gestion financière, de la gestion de la production et de la conciliation travail-vie personnelle, et 97,2 % des mentorés recommanderaient le mentorat.