Cybersécurité

Comment assurer la cybersécurité en télétravail dans votre entreprise ?

La cybersécurité en télétravail exige une planification particulière parce que chaque domicile devient une extension du réseau de l’entreprise, sans le pare-feu, la surveillance ni le soutien technique immédiat du bureau.
Visuel PlanAxion pour un article sur la cybersécurité en télétravail
L'essentiel
  • Selon Statistique Canada, 17,4 % des personnes occupées travaillaient principalement à domicile en mai 2025, et 10,0 % partageaient leurs heures entre le domicile et un autre lieu.
  • Selon le rapport Data Breach Investigations 2026 de Verizon, le facteur humain est présent dans 62 % des brèches et l’abus d’identifiants intervient dans 39 % d’entre elles.
  • Selon Statistique Canada, seulement 26 % des entreprises canadiennes avaient une politique écrite de cybersécurité en 2023 et 22 % ont formé leurs employés non TI.
  • Les trois mesures de base en télétravail sont un réseau et des appareils sécurisés (Wi-Fi, VPN, MFA), la sensibilisation des employés et le réflexe de s’abstenir dans le doute (PlanAxion, 2026).

Une analyste d’une firme comptable de Québec ouvre son portable sur la table de cuisine, se connecte au Wi-Fi familial dont le mot de passe n’a jamais changé depuis l’installation, et télécharge les états financiers d’un client. Son adolescent joue en ligne sur le même routeur. Rien d’anormal en apparence. Pourtant, le périmètre de sécurité de la firme vient de s’étendre à un salon de banlieue.

Les chiffres cités proviennent de sources publiques (Statistique Canada, Verizon, Centre canadien pour la cybersécurité) et décrivent des tendances, pas votre exposition particulière.

Selon Statistique Canada, 17,4 % des personnes occupées travaillaient principalement à domicile en mai 2025, et 10,0 % partageaient habituellement leurs heures entre le domicile et un lieu de travail extérieur.

Pourquoi la cybersécurité en télétravail exige-t-elle une planification particulière ?

La cybersécurité en télétravail exige une planification particulière parce que chaque domicile devient une extension du réseau de l’entreprise, sans le pare-feu, la surveillance ni le soutien technique immédiat du bureau. Le télétravail est un gage de confiance et un avantage social apprécié, mais il déplace le risque vers des routeurs domestiques, des appareils partagés et des employés isolés.

Les entreprises qui avaient déployé un environnement de télétravail sécurisé avant 2020 s’en félicitent encore. Celles qui ont improvisé dans l’urgence traînent souvent des accès temporaires devenus permanents, sans révision. Le déploiement précipité protège la continuité des activités, pas les données.

Les repères chiffrés à garder en tête :

  • Selon le rapport Data Breach Investigations 2026 de Verizon, le facteur humain est présent dans 62 % des brèches, et l’abus d’identifiants intervient à un moment ou l’autre dans 39 % d’entre elles.
  • Toujours selon Verizon (2026), seulement 23 % des organisations tierces avaient pleinement corrigé l’absence d’authentification multifacteur sur leurs comptes infonuagiques.
  • Selon Statistique Canada, 16 % des entreprises canadiennes ont été touchées par un incident de cybersécurité en 2023, mais seulement 26 % avaient une politique écrite de cybersécurité.
  • Selon la même enquête, 22 % des entreprises ont offert une formation en cybersécurité à leurs employés non TI en 2023, et 22 % détenaient une assurance contre les cyberrisques.

Comment sécuriser le réseau Wi-Fi et l’appareil utilisé à la maison ?

Un poste de télétravail sécurisé repose sur cinq réglages : un Wi-Fi domestique chiffré (WPA2 au minimum) avec un mot de passe changé, un VPN pour accéder au réseau de l’entreprise, un pare-feu actif, des mots de passe robustes et l’authentification multifacteur sur toutes les applications. Aucun de ces réglages ne coûte cher. Tous sont oubliés régulièrement.

Évitez les lieux publics dont vous ignorez les mesures de sécurité réseau. Le café du coin est un terrain de chasse connu des pirates, qui peuvent intercepter en un tournemain les données qui circulent sur un Wi-Fi ouvert. C’est pour la même raison qu’on déconseille d’y faire ses transactions bancaires. Le Centre canadien pour la cybersécurité recommande de ne jamais envoyer d’information sensible, personnelle ou professionnelle, sur un réseau sans fil public.

À la maison, changez le mot de passe par défaut fourni par votre fournisseur Internet et vérifiez que votre routeur reçoit encore des mises à jour : un routeur en fin de vie est une porte ouverte. Utilisez le matériel fourni par l’entreprise. Si vous devez utiliser votre ordinateur personnel, activez le pare-feu (Windows Defender suffit), maintenez l’antivirus à jour et créez un compte distinct pour le travail.

Le VPN (réseau privé virtuel) crée un tunnel chiffré entre votre appareil et le réseau de l’entreprise. S’il est disponible, utilisez-le systématiquement. Puis activez l’authentification multifacteur partout où c’est possible : c’est la mesure qui, à elle seule, neutralise la majorité des vols d’identifiants.

Comment sensibiliser les employés aux risques du télétravail ?

Sensibiliser les employés consiste à leur apprendre à reconnaître une situation informatique anormale, c’est-à-dire une cyberattaque en cours, et à en parler souvent, parce qu’un rappel annuel ne suffit pas. La cybersécurité en télétravail est un terme large ; les gens retiennent des exemples concrets, pas des politiques.

Les scénarios à connaître : un courriel qui demande de télécharger une application ou de visiter un lien ; un logiciel malveillant qui espionne les faits et gestes ; l’hameçonnage par courriel d’une fausse banque ou d’un faux patron ; l’hameçonnage par téléphone (vishing). Notre article Qu’est-ce qu’une cyberattaque ? détaille les cinq formes les plus fréquentes et leurs signaux d’alarme.

Une règle simple réduit le risque : ne pas utiliser l’ordinateur de travail à des fins personnelles. Le trafic personnel qui passe par le VPN consomme la bande passante de l’entreprise, engorge le réseau pour les collègues et multiplie les occasions d’infection. Les pirates profitent de chaque période de bouleversement, et un employé nouvellement en télétravail est rarement formé et encore moins protégé.

Que faire quand on n’est pas certain de ce qui se passe à l’écran ?

Dans le doute, mieux vaut s’abstenir : ne posez aucun geste irréversible et contactez le service informatique de votre entreprise, dont les techniciens connaissent les cyberattaques et sauront vous guider. Un clic de trop coûte plus cher qu’un appel de trop.

En télétravail, le pare-feu le plus fiable reste un employé qui ose dire « je ne suis pas sûr » avant de cliquer.

Les gens des TI sont aussi les bonnes personnes pour renforcer la sécurité de vos applications, de votre système d’exploitation et de votre antivirus. Assurez-vous que tout est à jour : les correctifs corrigent des vulnérabilités connues et exploitées. Verizon (2026) note que le délai médian pour corriger pleinement une vulnérabilité critique connue a grimpé à 43 jours.

Comment bâtir une structure de télétravail durable et sécuritaire ?

Une structure de télétravail durable s’appuie sur des accès révisés régulièrement, un environnement infonuagique hautement sécurisé, une politique écrite connue de tous et une formation récurrente des employés non TI. Le mode hybride est là pour rester : Statistique Canada mesure 10,0 % de travailleurs mixtes depuis 2023.

L’infonuagique facilite cette structure, à condition d’en comprendre l’incidence sur l’entreprise, et la Loi 25 encadre le traitement des renseignements personnels, même depuis un salon de Lévis.

Questions fréquentes

Un VPN est-il obligatoire pour télétravailler en sécurité ?

Il n’est pas obligatoire au sens légal, mais fortement recommandé dès qu’un employé accède aux systèmes de l’entreprise depuis l’extérieur. Le VPN crée un tunnel chiffré qui protège les données en transit, y compris sur un Wi-Fi domestique. Le Centre canadien pour la cybersécurité le cite parmi les moyens de base pour protéger l’information hors du bureau.

Peut-on utiliser son ordinateur personnel pour le télétravail ?

Le matériel fourni par l’entreprise est toujours préférable, parce qu’il est configuré, surveillé et mis à jour par les TI. Si l’ordinateur personnel est la seule option, activez le pare-feu et l’antivirus, créez un compte utilisateur distinct pour le travail, appliquez les mises à jour et n’installez rien sans l’aval des TI. Ne l’utilisez jamais sur un Wi-Fi public.

Qu’est-ce que l’authentification multifacteur et pourquoi l’activer ?

L’authentification multifacteur exige une deuxième preuve d’identité (code sur le téléphone, empreinte, clé physique) en plus du mot de passe. Même si un pirate obtient votre mot de passe, il ne peut pas se connecter. Selon Verizon (2026), l’abus d’identifiants intervient dans 39 % des brèches : la MFA est la mesure la plus rentable contre ce risque.

Peut-on travailler dans un café ou un lieu public ?

Seulement avec précautions. Le Wi-Fi public est un terrain de chasse connu des pirates, qui peuvent intercepter les données non chiffrées. Si vous devez y travailler, utilisez le VPN, évitez toute transaction ou donnée sensible, gardez l’appareil en vue et masquez votre écran. Le partage de connexion de votre téléphone reste plus sûr que le Wi-Fi du café.

Que faire si un employé clique sur un lien suspect ?

Agir vite et sans blâme. L’employé doit déconnecter l’appareil du réseau, ne rien saisir de plus, et prévenir immédiatement les TI ou le fournisseur de services. Ceux-ci changeront les mots de passe, vérifieront l’appareil et surveilleront les comptes. Une culture où l’on signale sans crainte détecte les incidents en heures plutôt qu’en semaines.