Dans le monde des projets TI, on entend souvent parler de budgets dépassés et d'échéanciers explosés. Si ces dérapages s'expliquent par des facteurs technologiques et d'exécution, la nature même du contrat qui lie le client et l'intégrateur joue un rôle critique, souvent sous-estimé.

« En moyenne, les grands projets TI dépassent leur budget de 45 % et leur échéancier de 7 %, tout en livrant 56 % moins de valeur que prévu. » Source : McKinsey et Université d'Oxford, étude de plus de 5 400 projets TI

L'objectif d'un contrat est de créer un alignement solide entre les deux parties autour d'un but commun : livrer à temps une solution de qualité, pour un budget déterminé. Or, plusieurs modèles traditionnels comportent des limites importantes.

Pourquoi les contrats TI traditionnels créent-ils des tensions?

Les modèles traditionnels, temps et matériel comme prix fixe, désalignent les intérêts du client et de l'intégrateur dès la signature. Voici leurs limites respectives :

  • Temps et matériel : le client assume tout le risque financier. L'intégrateur est, consciemment ou non, incité à prolonger le projet. Un client peu rigoureux dans la gestion contractuelle verra vite la portée, et les coûts, déraper.
  • Prix fixe : ce modèle oppose les intérêts. L'intégrateur cherche à en faire le minimum pour maximiser ses marges, tandis que le client exige le maximum pour le minimum de coût. Ce désalignement mène presque inévitablement à des tensions et à des conflits.

Qu'est-ce qu'un contrat en mode de partage de risques?

Le contrat en mode de partage de risques s'avère, selon l'expérience de PlanAxion, l'approche la plus efficace pour aligner durablement les objectifs du client et de l'intégrateur. L'intégrateur partage les risques, mais aussi les gains potentiels. Ce modèle encourage à livrer efficacement, dans un climat de collaboration plutôt que de confrontation.

Comment fonctionne le partage de risques en pratique?

Le modèle repose sur une portée clairement définie, des hypothèses documentées, une cible d'honoraires et une fourchette de contingence assortie de pénalités et de bonifications. Voici la mécanique :

  • la portée du projet est clairement définie dès le départ;
  • les hypothèses et les responsabilités sont documentées de manière détaillée;
  • l'intégrateur fournit une estimation solide de ses honoraires, qui définit une cible;
  • une fourchette de contingence est fixée : en cas de dépassement, l'intégrateur est pénalisé; en cas d'économie, il est récompensé par une bonification.

Quels résultats attendre du partage de risques?

L'expérience de PlanAxion démontre que les projets encadrés par des contrats de partage de risques obtiennent des résultats supérieurs, tant pour le client que pour l'intégrateur. Ce constat rejoint la recherche : McKinsey identifie la constitution d'équipes efficaces, dont les incitatifs sont alignés sur les objectifs globaux du projet, parmi les quatre dimensions qui déterminent le succès des grands projets TI.

Que retenir avant de signer votre prochain contrat TI?

Le modèle contractuel n'est pas un détail administratif : il conditionne l'alignement des intérêts et, par ricochet, les chances de livrer à temps, au budget et avec la qualité attendue. Vous souhaitez en savoir davantage sur la mise en place d'un contrat en mode de partage de risques pour vos projets TI? Communiquez avec l'équipe PlanAxion.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un contrat de partage de risques en TI?

C'est un contrat où la portée est définie dès le départ, les hypothèses et les responsabilités sont documentées, et l'intégrateur fournit une estimation qui définit une cible d'honoraires. Une fourchette de contingence pénalise l'intégrateur en cas de dépassement et le récompense par une bonification en cas d'économie.

Pourquoi le mode temps et matériel est-il risqué pour le client?

Parce que le client assume tout le risque financier. L'intégrateur est, consciemment ou non, incité à prolonger le projet, puisque chaque heure travaillée est facturée. Sans une gestion contractuelle rigoureuse, la portée et les coûts dérapent rapidement, au détriment du budget et de l'échéancier du client.

Pourquoi le prix fixe crée-t-il des conflits?

Le prix fixe oppose les intérêts des deux parties. L'intégrateur cherche à en faire le minimum pour maximiser ses marges, tandis que le client exige le maximum pour le minimum de coût. Ce désalignement structurel mène presque inévitablement à des tensions, à des conflits et à des négociations constantes sur la portée.

Comment fonctionne la fourchette de contingence?

L'intégrateur fournit une estimation solide de ses honoraires, qui définit une cible. Autour de cette cible, une fourchette de contingence est fixée : si les coûts dépassent la fourchette, l'intégrateur est pénalisé; s'il livre en deçà de la cible, il est récompensé par une bonification. Risques et gains sont ainsi partagés.

L'essentiel
  • Le contrat en mode de partage de risques est, selon l'expérience de PlanAxion, l'approche la plus efficace pour aligner durablement les objectifs du client et de l'intégrateur TI.
  • En temps et matériel, le client assume tout le risque financier; à prix fixe, les intérêts des deux parties s'opposent et mènent presque inévitablement à des tensions.
  • Le partage de risques fixe une cible d'honoraires et une fourchette de contingence : l'intégrateur est pénalisé en cas de dépassement et bonifié en cas d'économie.
  • Selon McKinsey et l'Université d'Oxford, les grands projets TI dépassent en moyenne leur budget de 45 % et livrent 56 % moins de valeur que prévu.