Intelligence artificielle

Former ses employés à l'IA : ce que font les entreprises canadiennes en 2026

Former ses employés à l'IA commence par un inventaire des usages réels, le choix d'un processus prioritaire, une formation donnée dans le flux de travail et une mesure des résultats.
Formatrice guidant des employés lors d'une séance de formation à l'IA dans un bureau québécois
L'essentiel
  • Selon Statistique Canada (juin 2026), 44,4 % des entreprises canadiennes qui utilisent l'IA ont modifié leurs pratiques de formation ou de dotation.
  • 32,0 % des entreprises utilisatrices forment leurs employés existants à l'IA et 21,6 % forment leurs cadres; chez les 100 employés ou plus, ces proportions atteignent 68,1 % et 51,7 % (Statistique Canada, 2026).
  • Selon le rapport AI Agent Trends 2026 de Google Cloud, la constitution d'une main-d'œuvre prête pour l'IA est l'une des cinq tendances d'affaires de 2026.
  • Selon l'Index Work Trend 2024 de Microsoft et LinkedIn, seulement 39 % des utilisateurs d'IA avaient reçu une formation de leur employeur.

Le comité de direction a approuvé les licences d'IA au printemps. Six mois plus tard, une poignée d'employés s'en servent vraiment, chacun à sa façon, et personne n'a été formé. Le budget outil est dépensé. Le budget compétence n'existe pas.

Les chiffres publiés en juin 2026 par Statistique Canada donnent un nom à ce déséquilibre. L'adoption de l'IA a triplé en deux ans au pays. La compétence, elle, suit à peine.

Parmi les entreprises canadiennes qui utilisent l'IA, 44,4 % ont modifié leurs pratiques de formation ou de dotation en raison de cette utilisation, selon Statistique Canada (juin 2026).

Pourquoi former ses employés à l'IA est-il devenu le chantier de 2026?

Parce que les outils sont déjà entrés dans l'entreprise, mais que la compétence n'a pas suivi. Au deuxième trimestre de 2026, 19,2 % des entreprises canadiennes utilisaient l'IA pour produire des biens ou fournir des services, trois fois plus qu'en 2024, selon Statistique Canada.

La même enquête introduit pour la première fois des questions sur la formation et la dotation. Ce n'est pas un hasard. La question de 2024 était « devrions-nous utiliser l'IA? ». Celle de 2026 est « qui, chez nous, sait s'en servir? ».

Google Cloud arrive au même constat dans son rapport AI Agent Trends 2026 : la cinquième tendance de l'année n'est pas un outil. C'est la constitution d'une main-d'œuvre prête pour l'IA, avec des plans de formation continus plutôt que des séances ponctuelles.

Pour le portrait complet des chiffres canadiens, notre analyse de l'adoption de l'IA en entreprise au Canada détaille les écarts par secteur et par taille.

Que font les entreprises qui prennent la formation IA au sérieux?

Elles forment d'abord leurs employés actuels, ensuite leurs cadres, et elles le font d'autant plus qu'elles sont grandes. Les données de Statistique Canada (juin 2026) dessinent un plan d'action lisible.

Les repères à retenir, parmi les entreprises qui utilisent l'IA :

  • 44,4 % ont modifié leurs pratiques de formation ou de dotation en raison de l'IA;
  • 32,0 % offrent une formation liée à l'IA à leurs employés existants et 21,6 % à leurs cadres;
  • chez les entreprises de 100 employés ou plus, ces proportions grimpent à 68,1 % pour les employés et 51,7 % pour les cadres;
  • 32,8 % des grandes entreprises ont embauché des employés possédant des compétences IA et 30,2 % ont fait appel à des consultants ou fournisseurs externes;
  • en parallèle, seulement 39 % des utilisateurs d'IA disaient avoir reçu une formation de leur employeur, selon l'Index Work Trend 2024 de Microsoft et LinkedIn.

Lecture rapide : la grande entreprise a compris que la compétence se construit à l'interne. Ailleurs, les employés apprennent encore seuls, souvent avec des outils que personne n'encadre. Notre article sur le shadow AI montre où cela mène.

Gestionnaire et analyste cartographiant un processus hebdomadaire sur un mur de notes autocollantes dans un bureau québécois
Avant de former, on choisit le processus : c'est lui qui détermine la compétence à bâtir.

Pourquoi la formation générique à l'IA produit-elle si peu?

Parce qu'une formation détachée des tâches réelles s'évapore en quelques semaines. Une conférence sur les grands modèles de langage ne change pas la façon dont un commis applique les paiements, ni la façon dont une chargée de projets rédige ses rapports d'avancement.

Chez PlanAxion, nous voyons le même écueil dans nos mandats ERP et nos ateliers IA : quand une entreprise nous parle de formation, elle a presque toujours acheté la séance avant d'avoir choisi le processus. L'ordre inverse fonctionne mieux. On choisit d'abord un processus qui fait mal chaque semaine, puis on forme les personnes qui l'exécutent, avec leurs propres données.

La compétence IA ne s'installe pas dans une salle de conférence. Elle s'installe dans un processus que l'employé exécute chaque semaine.

Les déploiements qui durent s'appuient sur cette logique. Le rapport 2026 de Google Cloud cite le cas de l'entreprise canadienne Telus, où plus de 57 000 employés utilisent l'IA régulièrement dans le cadre d'un programme structuré. Chiffre d'éditeur, à lire comme un ordre de grandeur, pas comme une moyenne garantie.

Comment structurer la formation IA de vos équipes en quatre étapes?

Inventorier les usages réels, choisir un processus prioritaire, former dans le flux de travail, puis mesurer ce qui a changé. Quatre étapes, dans cet ordre.

L'inventaire d'abord. Une amnistie déclarée (dites-nous ce que vous utilisez, personne ne sera blâmé) produit en deux semaines une carte des usages plus vraie que n'importe quel audit technique.

Le choix du processus ensuite. Chaque candidat passe le même filtre : problème à régler, valeur attendue, données disponibles, effort requis. Un seul processus à la fois, celui qui coûte des heures chaque semaine.

La formation dans le flux de travail. Les personnes qui exécutent le processus apprennent sur leurs propres dossiers, pas sur des exemples fictifs. Les cadres, eux, apprennent à encadrer : quoi vérifier, quoi approuver, quoi refuser.

La mesure enfin. Heures récupérées, taux d'erreur, délais de traitement. Sans point de départ chiffré, la formation restera une dépense impossible à défendre au prochain budget.

C'est la logique de notre atelier IA de 4 semaines : préparer, identifier, prioriser, valider les données, décider et livrer. La formation des équipes s'arrime au cas d'usage retenu plutôt que l'inverse. L'investissement varie selon la portée et se confirme lors d'un court appel exploratoire.

Par où commencer d'ici la fin de 2026?

Pas par un catalogue de cours. Par une liste honnête de ce que vos équipes font déjà avec l'IA, un processus choisi pour sa valeur et une formation donnée dans ce processus. Les grandes organisations canadiennes forment déjà plus des deux tiers de leurs employés utilisateurs. Attendre un an, c'est laisser cet écart devenir structurel.

Note de transparence : les chiffres cités proviennent d'enquêtes et de rapports publics (Statistique Canada, Microsoft et LinkedIn, Google Cloud). Les portées et les définitions varient d'une étude à l'autre et aucun de ces chiffres ne décrit votre situation particulière.

Questions fréquentes sur la formation des employés à l'IA

Combien d'entreprises forment leurs employés à l'IA au Canada?

Selon Statistique Canada (juin 2026), 32,0 % des entreprises qui utilisent l'IA offrent une formation liée à l'IA à leurs employés existants et 21,6 % à leurs cadres. Chez les entreprises de 100 employés ou plus, ces proportions atteignent 68,1 % et 51,7 %. La formation progresse nettement avec la taille.

Par quoi commencer pour former ses employés à l'IA?

Commencez par un inventaire des usages réels, sans blâme, pour savoir qui utilise déjà quoi. Choisissez ensuite un processus prioritaire selon la valeur et les données disponibles, formez les personnes qui l'exécutent dans leur flux de travail, puis mesurez les heures récupérées et les erreurs évitées.

Faut-il former les cadres ou les employés en premier?

Les deux, mais pas de la même façon. Les employés apprennent à exécuter avec l'IA sur leurs propres dossiers. Les cadres apprennent à encadrer, c'est-à-dire à décider quoi vérifier, quoi approuver et quoi refuser. Les grandes entreprises canadiennes forment déjà 51,7 % de leurs cadres, selon Statistique Canada.

Combien coûte la formation des employés à l'IA?

Le coût dépend du nombre de personnes, du processus visé et de la profondeur du parcours. Une démarche arrimée à un cas d'usage précis coûte généralement moins cher qu'un catalogue générique, parce qu'elle vise moins de monde et produit un résultat mesurable. L'investissement se confirme lors d'un court appel exploratoire.

Quelle est la différence entre une formation IA et un atelier IA?

La formation développe la compétence des équipes sur des tâches précises. L'atelier IA est une démarche de décision : inventaire des cas d'usage, priorisation selon la valeur et les données, feuille de route chiffrée. L'atelier précède idéalement la formation, parce qu'il détermine quel processus mérite d'être outillé en premier.